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La démodécie canine





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La démodécie canine

 

La démodécie est une dermatose parasitaire décrite depuis très longtemps et ce, dans au moins une cinquante d’espèces de mammifères, dont le singe, le bœuf, le cheval, le chien ou encore le chat. Chez l’homme, la première description remonte à 1842, et chez le chien la première description a été réalisée deux ans plus tard. Ce n'est qu'en 1859 que le parasite rencontré chez le chien, a été dénommé Demodex canis par Leydig.

Le parasite
Actuellement, trois espèces de Demodex ont été identifiées chez le chien. La plus commune, est Demodex canis, qui vit dans les follicules pileux et les glandes sébacées. Le mâle mesure 40 à 250 microns pour 40 à 300 microns chez la femelle. Dans les années 80’, une espèce beaucoup plus courte, dénommée Demodex cornei, a commencé à être observée. Elle est environ moitié moins longue que Demodex canis, avec un abdomen beaucoup plus court. Par analogie à ce que l'on connaît de Demodex gatoi qui est la forme courte observée chez le chat, on pense que cette espèce vit également dans le stratum corneum. Cette espèce étant régulièrement observée avec Demodex canis, on se demande actuellement s’il ne s'agirait pas d'un mutant de ce dernier. En 1997, une nouvelle espèce beaucoup plus longue que Demodex canis, appelée Demodex injai a été décrite. Cette espèce se localise également au niveau des follicules pileux et des grandes sébacées, mais elle est essentiellement isolée au niveau de la région dorsolombaire. Cette espèce est environ deux fois plus longue que Demodex canis. Le cycle parasitaire se déroule entièrement sur le corps du chien, et il dure 20 à 35 jours. Sur la peau de l'animal, on peut ainsi retrouver des oeufs, des larves à six pattes, ainsi que des nymphes et des adultes à huit pattes. Exceptionnellement, ces acariens peuvent être retrouvés au niveau des ganglions lymphatiques, de la rate, du foie, ou encore dans le sang, les urines, et des fécès.

 

Photo 1 : Demodex canis

Mode de transmission
Les Demodex sont transmis de la mère aux chiots, dans les trois premiers jours de vie. La transmission s'effectue que la mère présente ou non des lésions. Si le chiot est né par césarienne, et qu'il n'allaite pas par la suite, il n'y a pas de transmission du parasite, en effet il ne passe pas la barrière placentaire. La transmission de la mère aux chiots est le seul mode de contamination actuellement connu dans les conditions naturelles. S'il a été expérimentalement possible de transmettre des Demodex entre chiens adultes, cela a systématiquement été suivi d'une résolution spontanée des éventuelles lésions apparues. Les acariens appartenant au genre Demodex sont des acariens commensaux du chien. De nombreux animaux peuvent donc être porteurs tout au long de leur vie sans jamais développer de démodécie.

Signes cliniques
Il faut distinguer deux types de démodécie : la démodécie dite juvénile, qui apparaît indépendamment de toute dermatose ou affection sous-jacente, de la démodécie dite de l'adulte qui présente toujours une cause sous-jacente, comme un diabète, un syndrome de Cushing, une hypothyroïdie ou encore un traitement topique ou systémique contenant un glucocorticoïde. Concernant la démodécie juvénile, elle est essentiellement rencontrée chez des pures races. Certaines sont considérées comme prédisposées. Il s'agit du Shar pei, du West highland white terrier, du scottish terrier ou encore des bouledogues. Le retrait de la reproduction des animaux porteurs permet de diminuer ou potentiellement d'éradiquer la démodécie dans un élevage. Un mode de transmission autosomal récessif est suspecté. Jusqu'à présent, il n'a pas été clairement possible de déterminer quels sont les facteurs à l'origine de l'apparition d'une démodécie juvénile chez un chiot et pas chez un autre, également porteur.


La démodécie, présente un très grand pléomorphisme clinique. Il faut ici distinguer la démodécie dite localisée, de la démodécie dite généralisée. La distinction entre les formes localisée et généralisée est parfois difficile. On parle de démodécie généralisée lorsque l’on a au moins cinq zones distinctes atteintes, ou une région du corps dans son ensemble, la tête notamment, ou au moins 2 pattes affectées.

La démodécie localisée
La démodécie localisée est essentiellement observée chez le chiot ou le jeune chien. Elle aboutit à une forme généralisée dans près de 10 % des cas. Plusieurs formes cliniques sont décrites. La forme nummulaire, probablement la plus classique, se caractérise par l’apparition de zones alopéciques, à « l’emporte pièce », d’un diamètre compris entre 1 et 5 cm, modérément à nettement érythémateuses et squameuses. Lors d’évolution ancienne, une hyperpigmentation secondaire et des comédons sont parfois présents. On observe fréquemment des manchons pilaires qui viennent agglutiner les poils. Le prurit est le plus souvent absent. Les zones de prédilection sont les zones humides telles que les régions périoculaires, à l’origine de « lunettes démodéciques » (attention toutes les alopécies périoculaires ne sont toutefois pas dues à une démodécie), les zones péribuccales et les membres antérieurs. Néanmoins, toutes les régions du corps peuvent être atteintes. Ces lésions régressent spontanément dans 90 % des cas en quelques semaines à quelques mois. La pododémodécie est une forme localisée d’emblée grave. Elle se manifeste initialement par un érythème et une alopécie interdigitée, principalement palmaire, pouvant mimer la pododermatite observée lors de dermatite allergique. Rapidement apparaissent des complications bactériennes avec furonculose et cellulite. La douleur et l’œdème sont souvent à l’origine d’une boiterie et de douleur. Elle peut être la seule manifestation d’une démodécie, néanmoins, dans la majorité des cas, elle est associée à d’autres lésions corporelles. La forme auriculaire ou otodémodécie est rarement exclusive, mais elle est néanmoins décrite. On peut avoir une atteinte des pavillons auriculaires, et/ou du conduit auditif externe à l’origine d’une otite érythémato-cérumineuse accompagnant un cérumen cireux jaunâtre à brun.

Photo 2 : Pododémodécie

Photo 3: Alopécie nummulaire d'origine démodécique

 

La démodécie généralisée
Dans un cas de démodécie généralisée, le pronostic peut être réservé, parce qu’elle est souvent compliquée par une pyodermite profonde. Les lésions observées lors de démodécie généralisée correspondent à la coalescence puis à l’extension de zones alopéciques, érythémateuses et squameuses. Des comédons, des manchons pilaires et une hyperpigmentation sont fréquemment associés. Chez certains chiens adultes, notamment le Yorkshire terrier, la démodécie généralisée peut uniquement se manifester par des zones hyperpigmentées multiples. Dans certaines races, comme le scottish terrier ou le west highland white terrier, l’alopécie peut rester modérée et seul un état kérato-séborrhéique chronique avec un fin squamosis est noté. Chez le bobtail, les lésions sont également peu alopéciantes, et sont surtout constituées de manchons pilaires. Enfin, chez le labrit, des lésions très comédoneuses généralisées et peu alopéciantes sont habituellement notées.

Photo 4: Démodécie généralisée chez un Bouledogue français

Photo 5: Démodécie généralisée chez un Bull terrier


L'infestation parasitaire peut se compliquer de pyodermite. On observe alors l’apparition de papules et pustules lors de pyodermite superficielle, éventuellement suivie par la survenue de fistules voire d’une cellulite lors de pyodermite profonde. Ces lésions sont souvent prurigineuses et douloureuses. Les complications bactériennes seraient plus rapides et plus fréquentes chez l’adulte que dans la forme juvénile. Au stade terminal, on a généralement un retentissement sur l’état général. L’animal présente alors de la fièvre, il est maigre, anorexique et léthargique. Il n’est pas rare, lors de cellulite démodécique étendue et ancienne, de noter une septicémie. A terme, l’animal peut en décéder.

Photo 6: Pyodémodécie essentiellement localisée aux membres chez un Lévrier afghan

Photo 7 : Sévère pyodémodécie chez un cane corso

Diagnostic et traitement
Si le diagnostic est aisé, et s'effectue essentiellement par la réalisation de raclages cutanés multiples jusqu'à la rosée sanguine, voire d'un trichogramme, sur les zones lésionnelles, le traitement peut parfois être un véritable challenge.
On peut réaliser un traitement topique, ou un traitement systémique, mais rarement les deux en même temps. Il n'existe pas un, mais des traitements de la démodécie, et il devra donc être choisi au cas par cas. Quel que soit le traitement, il doit être réalisé jusqu’à l’obtention de 2 raclages négatifs à un mois d’intervalle.
La démodécie est une dermatose parasitaire qui reste commune chez le chien, alors qu'elle ne devrait théoriquement plus exister, étant donné qu’il est théoriquement facile de l’éradiquer. Cela reste toutefois une dermatose généralement facile à contrôler, étant donné l'arsenal thérapeutique dont nous disposons actuellement, sous couvert que le suivi mensuel soit bien effectué.

 

 









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Publié le: 2007-09-03 (29635 lectures)

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